Anjou, terre des comtes et des ducs, Plantagenêts ou fils de la troisième race, qui ceignirent couronne outre-mer, outre-monts !

Les eaux reflètent, comme en Ombrie, la tendre clarté d’un ciel bleu pastel. La Loire nonchalante s’y étale entre les coteaux où mûrit le raisin doré. Entre le grand fleuve cher à du Bellay et son vassal le Loir chanté par Ronsard, s’étend le Baugeois, pays de buttes et d’étroites vallées. Ses bocages verts sont hérissés de clochers romans et de nobles demeures de tuffeau blondi par le soleil. Ses vastes forêts de chênes et de hêtres sont l’asile des chevreuils et des sangliers.

La fraise des bois rougit dans la clairière et les champignons se terrent sous les feuilles mordorées. Bruyères et genêts, genévriers aux baies violettes, peuplent les landes où surgit parfois, au détour d’un sentier, un mégalithe oublié.

L’eau verte des étangs ondule sous la brise. Les ruisseaux chantent au bout des prés. Peupliers, saules et ormeaux se mirent dans leurs eaux claires parmi les nénuphars.

Sur les biefs du Couesnon, du Lathan, de la Maulne ou de la Riverolle, grince parfois la roue vermoulue d’un moulin. Au village, sur la rive, sous le léger abri bâti pour les aïeules, le battoir de la lavandière ne frappe plus désormais, le linge ruisselant sur la pierre déclive.

De Villevêque à Noyant, de Durtal à Vernantes, au sein des hameaux et des bourgs, les tuiles à canal tachent d’ocre rouge les frondaisons.

Corneilles et choucas croassent dans les clochers tordus se vissant dans l’azur. Trois abbayes sont tapies sous le lierre et la vigne sauvage.

Au fond d’un parc règne un tulipier rapporté d’Amérique par un soldat du Roi.

La tour noire d’un manoir rappelle les pactes de fidélité, longs labeurs et les permanences de la vieille société.

Les édifices croulants ont chacun leur légende. Un récit merveilleux explique leur naissance ou leur ruine : le pont des Fées, la sirène du Brocard, le trésor de Mont-Echelle…L’ombre de Diane de Méridor hante encore son manoir.

Baugé est fière de son château bâti par René, le bon roi, au flanc Nord de la citadelle abolie des Plantagenêts. Elle fut le siège, sous l’ancienne monarchie, de cinq juridictions. Les passants peuvent admirer, au long de ses rues paisibles, les altières demeures des conseillers du Roi. Dans quarante logis ouverts sur des jardins fleurant acre senteur du buis, des escaliers à vis se lovent dans des tourelles.

L’hôtel de la sous-préfecture, le tribunal érigé sous le second empire, le mail et son kiosque à musique, présentent les charmes et les secrets balzaciens d’une petite cité de la France profonde. Dans chaque quartier, comme dans chaque village, entre deux lancers de boule de fort, jeunes et vieux savourent, à petites gorgées, une fillette d’un vin de la province, doux comme miel, ardent comme soleil.

Citadins surmenés, amis de la nature, nostalgiques, curieux du passé, peintres et poètes, trouvent dans le Baugeois l’art de vivre dans la sérénité, l’harmonie et la simplicité d’autrefois.

Population

Le nombre d’habitants au dernier recensement de l’an 2000, est de 3663 .

Il était de 3363 en 1962 et de 3898 en 1982.

Situation

Baugé s’étend sur une superficie de 805 Ha et son altitude est de l’ordre de 56 m